La négociation salariale est inconfortable dans la plupart des langues. Dans une langue que tu ne maîtrises pas comme langue maternelle, dans un moment de pression professionnelle, elle peut sembler impossible. Le résultat est souvent que les expatriés acceptent la première offre — non pas parce qu'ils en sont satisfaits, mais parce qu'ils n'ont pas les mots pour s'y opposer.

Cet article fournit le vocabulaire et les formules pour une négociation salariale en français : comment annoncer ton chiffre, comment répondre à une offre, comment la contreproposer, et comment discuter de l'ensemble du package.

Ceci est la version monolingue : chaque terme est expliqué en français, sans traduction, pensée pour les apprenants à partir du niveau B1. Si le français est ta langue maternelle, tu retrouves le même article avec traduction en anglais, allemand, italien, espagnol et portugais.

Le contexte culturel

Les négociations salariales françaises sont généralement plus retenues dans le ton qu'aux États-Unis, mais plus explicites que dans les cultures où les prétentions salariales sont rarement énoncées directement. Il est tout à fait normal d'annoncer clairement ses prétentions salariales lorsqu'on te le demande, et de le faire par un chiffre, en brut annuel, sans détour. Il est également normal de négocier : demander s'il existe une marge de manœuvre ne passe pas pour de l'impolitesse.

Une différence importante par rapport au contexte anglo-américain : les employeurs français demandent fréquemment ton salaire actuel (salaire actuel) comme point de départ pour l'offre, et ce chiffre influence réellement l'offre qu'ils font. Qu'il faille le divulguer (honnêtement ou stratégiquement) est un choix personnel, mais sache qu'il peut servir de point d'ancrage.

Annoncer tes prétentions

« Mes prétentions salariales se situent autour de [chiffre] euros brut annuel. »

« Je vise un salaire brut annuel de [X] euros. »

« En tenant compte de mon expérience et du marché, j'attends une rémunération de l'ordre de [X] euros bruts. »

À noter : brut est la façon standard dont les salaires sont exprimés en France. Les montants nets (net) sont environ 20 à 25 % inférieurs après les cotisations sociales (charges salariales). Ancre toujours ton chiffre sur le brut : si tu annonces un net, tu viens de te sous-évaluer d'un quart.

Répondre à une offre

« Merci pour cette proposition. »

« C'est une base intéressante, et j'aimerais qu'on puisse discuter du montant. »

« Cette proposition est en dessous de mes attentes. »

« Je m'attendais à quelque chose de l'ordre de [X]. »

« Est-il possible d'aller jusqu'à [X] ? »

« Y a-t-il une marge de manœuvre sur le salaire fixe ? »

Vocabulaire de la négociation

Rémunération — l'ensemble de ce que le poste rapporte : le fixe, la part variable, les primes et les avantages. Le mot est plus large que salaire, et c'est précisément pour cela qu'on l'emploie en négociation : parler de rémunération ouvre la discussion au-delà du seul chiffre mensuel. Elle s'annonce en brut annuel.

Salaire fixe — salaire de base.

Salaire variable — rémunération variable / bonus.

Part variable — la fraction de la rémunération qui n'est pas garantie et dépend de résultats atteints. Elle s'exprime en pourcentage du fixe (« 10 % de variable ») ou en montant « à objectifs atteints ». La question utile à poser : est-elle garantie la première année ? Beaucoup d'employeurs l'accordent pour l'année d'arrivée, et cela se négocie souvent plus facilement que le fixe.

Objectifs — les résultats chiffrés qui déclenchent le versement de la part variable, fixés en général en début d'année. Dans ce sens, le mot vit au pluriel ; au singulier, un objectif redevient un but ordinaire. Demande comment ils sont définis et par qui : des objectifs flous rendent une part variable théorique.

Prime — une somme versée en plus du salaire fixe, à une occasion précise ou en fonction d'un résultat. La plus répandue en France est le treizième mois : un mois de salaire supplémentaire, généralement versé en novembre ou en décembre. Attention au calcul quand tu compares deux offres — un salaire annoncé « sur 13 mois » se divise par treize pour obtenir le mensuel, pas par douze.

Prime d'objectif — prime de performance.

Prime de bienvenue / bonus de signature — une prime à la signature.

Avantages en nature — tout ce que l'employeur fournit à la place d'argent : voiture, téléphone, ordinateur portable, parfois logement. Ce ne sont pas des cadeaux au sens fiscal : leur valeur est évaluée, ajoutée à ton revenu imposable, et elle apparaît sur le bulletin de paie.

Véhicule de fonction — une voiture de société.

Tickets restaurant — des titres de paiement réservés au repas de midi, acceptés dans les restaurants et, pour l'alimentation, dans les commerces. Un avantage courant en France, fortement subventionné : l'employeur en finance entre 50 et 60 %, le reste étant retenu sur la paie. À l'oral, personne ne dit la forme complète — on parle de tickets resto, et la marque Ticket Restaurant sert de nom générique pour tous les titres, même ceux des concurrents.

Mutuelle d'entreprise — le régime de complémentaire santé de l'employeur. La loi française oblige les employeurs à proposer une mutuelle et à en prendre en charge au moins 50 % du coût.

Prévoyance — assurance revenu / invalidité (souvent incluse dans le package d'avantages de l'employeur).

RTTRéduction du Temps de Travail. Jours de congé supplémentaires accordés aux salariés qui travaillent plus de 35 heures par semaine dans le cadre du système des 35 heures. Courant dans les entreprises françaises ; jusqu'à 12 à 15 jours supplémentaires par an dans certains cas. Vaut la peine d'être négocié au même titre que le salaire de base.

Congés payés — congés annuels payés. Le droit légal français est de 5 semaines (25 jours ouvrables). Vérifie si le régime de ton employeur va au-delà.

Télétravail — travail à distance. Désormais une composante standard des négociations d'emploi en France.

Plan d'épargne entreprise (PEE) — un plan d'épargne d'entreprise avec des contributions de contrepartie de l'employeur.

Intéressement — participation aux bénéfices versée sous forme de somme forfaitaire.

Participation — un mécanisme obligatoire de partage des bénéfices dans les entreprises de plus de 50 salariés.

Ancrer et contre-proposer

« Mon expérience de [X] ans dans ce secteur justifie selon moi une rémunération supérieure. »

« J'ai une autre proposition à [X] euros, mais je préférerais rejoindre votre équipe si nous pouvons nous aligner sur ce niveau. »

« Si vous ne pouvez pas aller plus haut sur le fixe, seriez-vous prêt à augmenter la part variable ou à ajouter des RTT ? »

Conclure

« Je suis très intéressé par ce poste, et je pense qu'on peut trouver un accord. »

« Pouvez-vous me faire parvenir l'offre modifiée par écrit ? »

« Je vous confirme ma décision d'ici [date]. »

Le français professionnel dans une négociation est un registre spécifique qui récompense la préparation. Le vocabulaire ci-dessus transforme une conversation sur l'argent en quelque chose que tu conduis — plutôt que quelque chose que tu subis. Construis-le avant d'en avoir besoin.


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